25.11.2009

Kèskecédomaj!

Alors que l'on célèbre le cinquantième anniversaire de la parution de Zazie dans le métro de Raymond Queneau, on apprend que le portail littéraire communautaire Zazieweb, un des pionniers de l'internet de langue française ferme ses portes et ça fait tout bizarre. C'est comme un ébeniste qui ferme boutique, ruiné par l'Ikea d'à côté.
Personnellement ça me ramène à la fin des années 90, au temps de Netscape, lorsque A. m'avait offert une séance perso d'initiation à Internet (juste la navigation, pas la création de pages!) dont l'animatrice était justement Isabelle Aveline, la "patrone" de Zazieweb.
J'espère qu'on la retrouvera sur un autre projet. En attendant, lisez donc son interview sur le site Poptronics.

 

Downfall

Découvert sur le blog Mars Hotel, Resplandor, un groupe péruvien (!) de fort belle allure ma foi, rattaché au courant musical qualifié de "shoegaze".

 

 

18.11.2009

Les embûches de l'automne

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Chat précautionneux s'efforçant d'éviter les bogues de châtaignes.

17.11.2009

Memories/Robbery

Une balade dans mes swinging sixties sur une musique contemporaine du groupe ThE iDLeS.

 

14.11.2009

Fragments de H. H.-D. (IX)

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J'ai compris pourquoi Schrödinger était si souvent absent de la Division.
En temps normal il arrive tôt le matin (la lumière de son bureau est déjà allumée lorsque je prends mon service, à 8 heures 30) et en repart parmi les derniers. Lorsqu'il doit se rendre à l'extérieur, il est bien rare qu'il ne refasse pas un saut au bureau dans la soirée. Mais depuis son retour, fin juillet, les choses on changé. Sa présence à la Division est devenue beaucoup plus aléatoire. A la plupart des conférences de travail il se fait représenter par un adjoint et j'ai peu souvent l'occasion de le croiser dans les couloirs.
Pour ma part je suis absorbé par un travail de recensement des modes de restauration des monuments funéraires d'intérêt historique en Bretagne que m'a confié le superviseur Larcher.
Or, j'ai reçu jeudi, de Schrödinger, le courrier électronique suivant:

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Le lieu du rendez-vous était situé en proche banlieue, au Sud-Ouest de Paris, près de la Seine. Un peu avant 21 heures je me fis déposer par un taxi à distance raisonnable de l'adresse indiquée et terminai le trajet à pied. Je faillis rater l'endroit car celui-ci n'était pas visible de la rue et pour y accéder il fallait franchir un porche, traverser une cour pavée et longer une allée de terre battue. Enfin, à l'heure dite j'arrivai devant la façade en demi-cercle d'une villa en moellons qui me semblait dater du 18ème ou du 19ème siècle. Le bâtiment, quoiqu'un peu vétuste, ne manquait pas d'une certaine allure. Il détonait au milieu de ce quartier qui m'avait semblé abriter essentiellement des fabriques et des logements ouvriers. Je remarquai, à côté de la porte d'entrée, une plaque portant l'inscription "Société de l'Automne".
A mon coup de sonnette la silhouette de Schrödinger s'encadra derrière la porte vitrée.

 

12.11.2009

Going home, maybe...

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11.11.2009

(all along) the watchtower

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04.11.2009

Le pouvoir ne se partage pas

PalaisElysée1900.jpg« Justement, on me reprochait de ne pas faire rêver ; je m'y refusais, par principe. Je ne crois pas que tout soit possible, je doute que tout soit affaire de volonté, je déteste l'apologie de la décision politique défiant la raison. C'est pur mensonge : comment les Français auraient-ils pu croire que la justice serait atteinte sans que le progrès fût assuré, en refusant la réforme, en ignorant les réalités du monde ? Je ne pouvais l'imaginer ; je voulais, au sens propre, les désenchanter. J'étais obsédé du désir de ne pas mentir pour me faire élire, je redoutais de tromper. Sans doute commis-je l'erreur de ne pas fournir l'effort nécessaire pour être mieux compris. Une élection, ce n'est pas seulement un dialogue des esprits, c'est aussi gagner les cœurs.

Je ne voulais pas conquérir le pouvoir à n'importe quel prix. Je n'étais nullement disposé à parler de moi à tort et à travers ; ce qui m'importait, c'était d'exposer aux Français l'avenir que je souhaitais pour notre pays, les moyens de parvenir à mes fins ; quant à ma capacité à comprendre leurs aspirations et à tout mettre en œuvre pour accomplir mes promesses, il me semblait que mon action passée en témoignait. La « communication », telle qu'elle est ordinairement entendue, est un exercice peu flatteur pour le jugement de ceux auxquels on s'adresse ; elle consiste à faire son propre éloge à n'importe quel prix. Je déteste l'exhibitionnisme : parler de soi, c'est donner prise aux autres. Je refusais d'être, parce que candidat, devenu comme un bien collectif sans cesse soumis au regard public.

Par la suite, les pratiques se sont encore dégradées : il est d'usage d'exposer ses joies et ses peines passées et présentes, de détailler les replis de sa sensibilité, d'en appeler aux sentiments au détriment de toute pudeur. Rien n'est épargné pour tenter de plaire, se déclarer proche de tous. Ceux qui se laissent aller à ce jeu ne témoignent guère d'égards au peuple auquel ils s'adressent, mais plutôt de leur complaisance envers leur propre personne. Si de Gaulle, tellement cité, parlait de « la rencontre d'un homme et d'un peuple », il se bornait à exposer l'ambition qu'il nourrissait pour celui-ci, à lui demander sa confiance, sans estimer utile de mettre à nu les arcanes de son âme et de son caractère. »

 

Edouard Balladur - Le pouvoir ne se partage pas : Conversations avec François Mitterrand – Fayard 2009 (p. 414).


Certains hommes politiques gagnent à être redécouverts une fois qu'ils sont (en général contre leur gré) déchargés de l'exercice du pouvoir. Je m'étais fait cette réflexion il y a quelques temps en regardant Michel Rocard à la télévision. C'est aussi, il me semble, le cas d'Édouard Balladur. Le verbe posé, le ton quelque peu compassé, l'usage d'une langue parfaitement maîtrisée, bref, tout ce qui agaçait lorsqu'il menait à la tête de son gouvernement une politique socialement régressive, tend aujourd'hui à donner à l'auditeur un sentiment de confort qui prédispose à une écoute plutôt bienveillante.

La lecture de ses souvenirs de Matignon laisse le même sentiment. Balladur parle comme on écrit et il écrit comme il parle. L'amertume transparaît lorsqu'il évoque les coups-bas portés, selon lui, par Chirac et ses amis, mais la force du propos est dans sa retenue. Balladur n'est pas un sentimental.
Ses rapports avec Mitterrand sont placés d'emblée sous le signe d'une conflictualité bien élevée. Le Président, qui entend séduire tous ceux qui le côtoient et qui de surcroît se délecte des bisbilles internes au parti majoritaire, fait assaut d'amabilités; l'autre, tout en circonspecte courtoisie, n'est pas dupe et le fait sentir. Comme l'indique le titre du livre, chacun de ces deux hommes que tout oppose politiquement et personnellement n'aura de cesse de veiller à ce que l'autre n'empiète pas sur ses prérogatives. Ce qui ne les empêche pas de collaborer sur les grands enjeux internationaux.

Tout cela n'est pas dénué d'humour. Plutôt vachard à l'égard de Mitterrand, après la défaite au premier tour de la présidentielle:
"(...) vous avez eu une malchance extraordinaire avec vos deux semaines noires du mois de février qui vous ont coûté votre élection. Je me suis bien trompé; j'ai dit à tous les chefs d'Etat qui me le demandaient: "C'est Balladur qui sera élu."
- J'en suis vraiment navré pour vous, et accessoirement pour moi."
Carrément féroce pour Chirac, lorsqu'il narre leur rencontre entre les deux tours:
"Que dirons-nous? me demanda-t-il.
- Commençons par dire que nous nous sommes rencontrés.
- En effet."
Il écrivit, puis:
"Qu'ajoutons-nous?
- Nous pourrions dire que nous avons évoqué les problèmes du pays.
- Bon, très bien."
Il écrivit à nouveau, puis:
"Ne croyez-vous pas que vous pourriez me confirmer votre soutien?
- Ne croyez-vous pas que vous pourriez commencer par m'en remercier, puisque je l'ai déjà fait?
- Ah oui, bien entendu."

Le second, s'il appartient à sa famille politique, n'est visiblement pas du même monde. Mitterrand, lui, comme l'hôte de Matignon, est de la caste des hommes d'État. C'est toute la différence.
Une fois le livre refermé une dernière question vient à l'esprit: qu'est-ce qui, hormis l'appartenance de classe, a bien pu rapprocher Balladur et Sarkozy dont les personnalités sont aux antipodes l'une de l'autre et dont le premier loue la fidélité indéfectible durant toute la période évoquée?

01.11.2009

Dead Man's Bones

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