31.03.2009

Pas baggy, Onc'Léon!

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"Si les marins de Cronstadt de 1917-1918 s'étaient trouvés considérablement au-dessus du niveau de l'Armée rouge et avaient constitué l'armature de ses premiers détachements, de même que l'armature du régime soviétique dans de nombreux gouvernements, les marins qui étaient restés dans le Cronstadt « en paix » jusqu'au début de 1921 sans trouver d'emploi sur aucun des fronts de la guerre civile, étaient en règle générale considérablement au-dessous du niveau moyen de l'Armée rouge, et contenaient un fort pourcentage  d'éléments complètement démoralisés  qui portaient d'élégants pantalons bouffants  et se coiffaient comme des souteneurs."


Léon Trotsky
Extraits de Beaucoup de tapage autour de Cronstadt, dans le Bulletin de l’opposition n°66-67, 15 janvier 1938.

 

Un peu plus loin dans le même texte, Trotsky exprime, en passant, tout le bien qu'il pense de la république espagnole en proie au soulèvement franquiste:

"Se mouvant librement dans l'espace et le temps, des critiques dilettantes essaient — dix-sept ans après — de nous suggérer l'idée que tout se serait terminé à la satisfaction générale, si la révolution avait laissé à eux-mêmes les marins insurgés. Mais le malheur est que la contre-révolution ne les aurait nullement laissés à eux-mêmes La logique de la lutte donnait, dans la forteresse, l'avantage aux éléments les plus extrémistes, c'est-à-dire aux contre-révolutionnaires. Le besoin de ravitaillement aurait placé la forteresse dans la dépendance directe de la bourgeoisie étrangère et de ses agents, les émigrés blancs. Tous les préparatifs nécessaires pour cela étaient déjà en cours. Attendre passivement, dans de telles conditions, un dénouement heureux, c'est sans doute ce dont auraient été capables des gens du type des anarcho-syndicalistes espagnols ou des poumistes. Par bonheur les bolcheviks appartenaient à une autre école. Ils considéraient que leur devoir était d’éteindre l'incendie dès le début, et par conséquent, avec le moins de victimes.

(...)

La révolution a ses lois. Nous avons formulé depuis longtemps ces « leçons d'Octobre », qui ont une importance non seulement russe, mais également internationale. Personne n’a tenté de proposer d'autres « leçons ». La révolution espagnole confirme par la négative les « leçons d'Octobre ». Mais les critiques sévères se taisent ou se dérobent. Le gouvernement de « Front populaire » étrangle la révolution socialiste et fusille les révolutionnaires : les anarchistes participent à ce gouvernement et, quand on les chasse, ils continuent à soutenir les bourreaux. Et leurs avocats et alliés étrangers s'occupent pendant ce temps de défendre... la rébellion de Cronstadt contre les féroces bolcheviks. Ignoble comédie !"

Je sais: citations tronquées, hors du contexte, mauvaise foi, gna gna gna!

Le texte complet ici.

24.03.2009

Closed zone

Yoni Goodman, le directeur de l'animation du film d'Ari Folman Valse avec Bachir qui vient de recevoir le César du Meilleur Film étranger, vient de livrer un court-métrage d'animation intitulé Closed Zone [Zone fermée], dans lequel il dénonce le blocus imposé à la bande de Gaza depuis juin 2007.

 

23.03.2009

Fragments de H. H.-D. (IV)

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J'ai déniché chez un bouquiniste de la rue Beurrière un exemplaire du supplément illustré de l'Eclaireur Social daté du 22 messidor 83 (c'est à dire du 11 juillet 1875 dans le calendrier grégorien) relatant la mort de Blanqui. Il ressort des différents articles consacrés au sujet que le lendemain de son élection par le Conseil de la République, Blanqui se retira dans sa maison de Villers-Sainte-Marie en compagnie de son secrétaire Charles-Albert Servian pour y préparer sa prise de fonctions officielle, prévue pour le lundi 12 juillet (23 messidor). Il y reçut en fin de semaine la visite de ses amis Ernest Granger et Emile Eudes puis, le 5 juillet (16 messidor), celle de Charles-Ferdinand Gambon, président du Cercle Ledru-Rollin dont on disait qu'il pourrait être pressenti pour diriger le Commissariat général de la République.

Certains témoins font état de la venue du docteur Wavreille, de Crépy-en-Valois, le 7 au soir, mais ce dernier n'aurait, semble-t-il, pas confirmé ces dires. Des proches du président laissent toutefois entendre que celui-ci aurait été sujet à des vertiges ténébreux durant les jours précédant son élection, ce qui tendrait à accréditer ces témoignages.

Le jeudi, aux environs de cinq heures du matin, le voisinage fut alerté par une immense lueur au-dessus de l'entrée du hameau de Villers. Lorsque la brigade de sapeurs-pompiers arriva sur les lieux la plus grande partie de la demeure était la proie des flammes. Après que l'incendie fut maîtrisé on découvrit dans les décombres des restes humains qui ne purent être identifiés avec une totale certitude, mais l'enquête conclut qu'il s'agissait, selon toute probabilité, de Blanqui et de son secrétaire.

H. H.-D.



17.03.2009

Fragments de H. H.-D. (III)

"Louis-Auguste Blanqui, né le 8 février 1805 à Puget-Théniers (Alpes-Maritimes) et décédé le 8 juillet 1875 à Villers-Sainte-Marie (Oise), était un  théoricien socialiste et une figure majeure de l'histoire politique française. Il s’est battu pour le suffrage universel, pour l'égalité homme/femme, la suppression du travail des enfants etc. Sa théorie du socialisme était centrée sur l'idée d'État populaire, qui serait mis en place grâce à une révolution. Dans le domaine économique, il était partisan d'une intervention de l'État pour régler la répartition des moyens de production, les relations entre les producteurs et la distribution des richesses. Il passa la plus grande partie de son existence en prison avant de voir ses idées triompher. Il est considéré comme le "père" de la République Sociale.

Jeune étudiant en droit, il adhèra à la Charbonnerie, société révolutionnaire secrète, combatit le régime de Charles X et participa, les armes à la main, à la révolution de juillet 1830. Sous Louis-Philippe il fut condamné en 1832, lors du procès des «quinze», puis de nouveau arrêté en 1836 comme dirigeant de la Société des familles et condamné à deux ans de prison pour fabrication d'explosifs. Amnistié en 1837, il milita dans la Société des saisons, et prépara l'insurrection du 12 mai 1839 à Paris, qui échoua. Arrêté en octobre, il fut condamné à mort en janvier 1840, puis vit sa peine est commuée en réclusion à vie. Il fut interné au Mont-Saint-Michel puis à la prison et à l'hôpital de Tours et gracié en 1844.

Il prit part au renversement du régime de Louis-Philippe en 1848. Accusé de complicité dans le soulèvement manqué contre l'Assemblée, en mai 1848, il fut de nouveau condamné à dix ans de prison. En 1865, il s'évada et se réfugia en Belgique. Rentré d'exil, il organisa une nouvelle révolte en août 1870, mais la chute du Second Empire de Napoléon III eut lieu le 4 septembre 1870, au cours de la guerre franco-allemande. Il fonda le journal La Patrie en danger pour soutenir la résistance de Gambetta puis participa, contre le gouvernement de la Défense nationale, à l'insurrection du 31 octobre 1870 pendant laquelle il tenta de s'emparer de l'Hôtel de ville. Thiers le fit arrêter à la veille de  la Commune, dans laquelle ses partisans joueront un rôle important. Il s'évada de la prison de Cahors le 15 mai 1871 et organisa l'insurrection de Toulouse en soutien à la Commune de Paris.

Après la fin de la guerre franco-allemande et la réunification du territoire il fut élu, le 27 juin 1875, premier Président de la République Sociale. Mais avant même de prendre officiellement ses fonctions, il disparut le 8 juillet dans l'incendie inexpliqué de sa maison de Villers-Sainte-Marie."


(Article Blanqui du Dictionnaire encyclopédique Faubert & Valois)

Ma curiosité avait été piquée par la question de Schrödinger et, aussitôt rentré chez moi, je m'étais rué sur une encyclopédie. Rien dans l'article consacré à Blanqui n'avait particulièrement attiré mon attention; rien non plus dans l'actualité ne faisait référence au "père de la République sociale" et nous n'étions même pas en période de commémoration. Le sens des paroles du superviseur m'échappait.

H. H.-D.

15.03.2009

Yé n'en pé plou

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Je serai toujours cet étranger
Au regard sombre
Un rebel dans vos villes de contraste

Après cinq babies c'est l'heure de me zoner
Demain j'ai une attaque de train
Faut se préserver si on veut durer
Rester toujours un numéro un

Yé n'en pé plou

"Rebel"

11.03.2009

Nous n'avons pas les mêmes valeurs!

Hier soir sur France 3, chez Frédéric Taddeï, François Bayrou était confronté à trois intellectuels: Régis Debray (philosopne), Jean-François Sirinelli (historien) et Olivier Duhamel (prof. de droit constitutionnel). Asticoté un peu lourdement par ce dernier sur sa "détestation à l'égard de Sarkozy", Bayrou a eu ces mots : "J'avais avec Ségolène Royal des différences de programme énormes, j'avais avec Nicolas Sarkozy des différences de valeurs."

Pour illustrer son propos il cite un entretien que le candidat Sarkozy avait accordé au journal "20 minutes" trois semaines avant les élections. "Y'en a marre, disait-il en substance, qu'on doive payer aux élèves des études lorsqu'ils choisissent de faire des lettres classiques, parce que ça rapporte rien au pays; va falloir qu'ils se paient leurs études de lettres classiques!"
"On a derrière nous dix siècles de culture humaniste classique, enchaîne Bayrou, et tout à coup l'homme qui va devenir président de la république considère que cette affaire là n'est pas "productive". Alors oui, pour moi c'est un conflit de valeurs très important."

Curieux et attachant personnage, qui reconnaît avoir évolué politiquement depuis sa jeunesse où il admirait Lecanuet : "On a bien le droit d'évoluer!". Pour citer O. Duhamel, voilà un cas très rare d'homme politique - Mitterrand en fut un autre - qui au fil de sa vie dérive de la droite vers la gauche. Bayrou conclut par une boutade : "D'habitude les hommes politiques commencent révolutionnaires et finissent ministres, moi j'ai commencé ministre..."

09.03.2009

Fragments de H. H.-D. (II)

Les choses ont commencé il y a deux mois lorsque je fus convoqué dans le bureau du superviseur Schrödinger. Il n'est pas fréquent qu'un agent de compilation soit appelé personnellement chez un superviseur. Pour ma part cela ne m'était encore jamais arrivé, les seuls échanges verbaux que j'avais avec Schrödinger se limitaient au cadre des conférences de travail hebdomadaires du jeudi.

"Vous avez travaillé sans compter votre temps sur le dossier d'Aulnoye, me déclara-t-il, aussi je pense que vous allez apprécier cette surprise." Il ouvrit un tiroir de son bureau et en sortit une boîte en carton qu'il me tendit. A l'intérieur, un volume in-12, demi-basane marron foncé dont j'avais vu la photographie à maintes reprises. Je le parcourus avec précaution: c'était le deuxième tome des oeuvres complètes de Geneviève d'Aulnoye, dans l'édition Foucquart de 1787. Il me regardait, l'oeil amusé derrière ses grosses lunettes d'écaille, visiblement ravi de son petit effet. "Un bibliophile ferait peut-être la fine bouche, fit-il, puisque nous n'avons malheureusement là qu'un tome sur les cinq répertoriés. D'un autre côté, vous avez entre les mains l'unique exemplaire subsistant, à notre connaissance, des oeuvres de cette chère poétesse." Il ne m'expliqua pas comment comment il était entré en possession du livre, se bornant à me déclarer que la procédure à ce sujet n'était pas close.

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Comme je me levais pour prendre congé, il me lança: "Que savez-vous de la mort du président Blanqui?
- Ma foi, ce qu'on nous en apprend à l'école, répondis-je, un peu déconcerté. Il est décédé dans l'incendie de sa maison, quelques jours après son élection à la présidence de la République Sociale. C'était en 1875 si je ne m'abuse.
- Bien, bien..."

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

H. H.-D.


05.03.2009

Kaïro


Moins bucolique que la chevauchée à bicyclette de Jacques Gamblain vers sa bien-aimée, la fuite éperdue de Michi et Kawashima à travers un Tokyo fantomatique et déserté de toute présence vivante dans l'angoissant Kaïro de Kiyoshi Kurosawa. Musique appropriée de Takefumi Haketa.

04.03.2009

HADOPI - Le Net en France : black-out

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