20.02.2009
Fragments de H. H.-D.
... et quoi qu'il en soit j'estime désormais de mon devoir de tenter de consigner du mieux que je pourrai les évènements auxquels je me trouve mêlé ou dont je suis le témoin depuis ma prise de fonctions au sein de la Division. Je le fais sans illusion mais non sans appréhension. En premier lieu, je ne suis pas convaincu que ceux qui auront l'occasion de parcourir ces notes saisiront l'urgence que je ressens à faire connaître à l'extérieur ce qui se passe ici. Je vais le dire autrement: il est possible que ce qui m'apparaît lourdement signifiant ne revête aucun sens pour un lecteur extérieur; que ce qui m'alarme, là où je suis, lui semble totalement anodin. En fait je ne me représente que de façon approximative ce qu'est la réalité à l'extérieur - ou plutôt dans les extérieurs - et en quoi elle diffère de la réalité d'ici. J'emploie les termes ici et à l'extérieur par commodité, bien que je les sache impropres à rendre compte du rapport entre ma propre expérience sensible et celle des personnes auxquelles j'essaie de m'adresser. Quant au mot réalité...
Bref. Je m'appelle Henri Heinz-Daumal -depuis aussi longtemps qu'il m'en souvient- et je suis employé en qualité d'agent de compilation à la Division des Observations. Quoique subalterne mon emploi n'est cependant pas dépourvu d'intérêt. Ainsi, je ne suis pas peu fier du travail de synthèse que j'ai effectué à partir de l'enquête de dix-huit mois menée sur la soudaine disparition de l'ensemble des oeuvres de la poètesse picarde Geneviève d'Aulnoye des rayons de la Bibliothèque Nationale des Rimes et Inscriptions.
Je pourrais également citer l'étude statistico-qualitative de la Direction des Populations concernant l'influence croissante des doctrines jézidéennes (ou yezidies) au sein de l'immigration d'origine mésopotamienne et anatolienne, qui eut le retentissement que l'on sait.
H. H.-D.
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17.02.2009
We all live...
J'ai adoré l'histoire des sous-marins tellement indétectables qu'ils finissent par se rentrer dedans. J'imagine un monde peuplé d'hommes invisibles qui passeraient leur temps à se cogner les uns aux autres.
L'invisibilité procure un avantage relatif qui s'inverse dès lors qu'il est partagé. Le seul moyen de ne rien redouter est donc de perdre, non seulement son apparence, mais aussi sa substance. Donc ne plus exister.
Ca a un petit côté parabole taoiste qui me ravit.
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03.02.2009
Je crois entendre encore...
La séquence du long parcours à vélo de Jacques Gamblin dans Laissez-passer de Bertrand Tavernier (2002): la Romance de Nadir des "Pêcheurs de perles" de Bizet, interprétée par Tino Rossi et réarrangée pour orchestre symphonique par Antoine Duhamel.
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